Finance responsable et épargne éthique
Les deux faces d’une même médaille - Octobre 2010
A l’heure où l’ISR vient de passer la barre du milliard d’euros de placements et où Financité (et JJ Jespers) appellent à des états généraux de la finance responsable et solidaire (20 novembre 2010 à BXL), il nous semblait opportun de vous présenter un petit tour d’horizon de la question.
Aujourd’hui plus que jamais, la banque n’est plus seulement un coffre-fort. L’argent qui y est déposé est un moyen de faire des choses. A l’épargnant d’orienter le sien comme il l’entend. Au service des hommes, de la planète, de la culture… Bref, pas au service du seul profit financier…
Cet article se divise en 3 parties :
- Vous voulez donner du sens à votre argent : comment le placer pour qu’il travaille selon vos valeurs
- Vous avez un projet à plus value sociale et vous cherchez des partenaires financiers attentifs à cette éthique : nous avons dressé une liste des organismes susceptibles de vous financer
- Vous pensez qu’on ne peut pas changer la finance seul dans son coin. Vous avez raison. Nous avons dressé la liste de fédérations nationales et internationales qui s’unissent pour proposer une autre finance.
1. Investir éthique et solidaire, c’est investir dans ses valeurs !
En Belgique, plusieurs organismes bancaires proposent à leurs clients des placements solidaires dans des projets environnementaux, sociaux et culturels. Dans un contexte de crise économique mondiale, cette offre alternative attire de plus en plus les entreprises et les particuliers. Plus qu’un placement, c’est d’un nouveau rapport à l’argent qu’il s’agit ici. (source : Crédal)
Selon le dernier rapport (2009) sur l’ISR (Investissement socialement responsable), le volume des capitaux placés sur des comptes d’épargne ISR a dépassé la barre du milliard d’euros. (Source : Financité n°19)
Si vous voulez donner un sens à votre épargne, le Réseau Financement Alternatif publie chaque année une liste des produits éthiques disponibles sur le marché belge. En 2009, il y avait près de 300 produits parmi lesquels choisir. Un moteur de recherche vous permet d’introduire vos critères de sélection. La base de données est disponible en ligne gratuitement à l’adresse :
http://www.financite.be/produits-financiers,fr,16,10.html.
Pour devenir coopérateur chez Crédal, vous avez déjà une voix à l’AG à partir d’une part à 100 euros.
Si une vue d’ensemble vous intéresse, vous pouvez télécharger gratuitement le rapport 2010 sur l’ISR sur le site du Réseau. :
http://www.financite.be/s-in-former/bibliotheque,fr,11,3,2,1,2495.html.
Signalons au passage l’arrivée d’un petit nouveau, pas encore repris dans la banque de données : Eltys. Eltys est une coopérative de crédit comme Crédal. L’un des objectifs d’Eltys est d’ouvrir son capital à tous types de coopérateurs, qu’ils aient de petits ou de grands moyens. C’est pourquoi la part d’émission de la coopérative est fixée à 275€. Quel que soit le montant total investi, chaque part octroie un droit de vote lors des assemblées générales d’ELTYS.
Le principe un homme une voix cher à l’ES n’est pas tout à fait respecté, mais le poids d’un actionnaire est quand même plafonné à 10%, quel que soit son volume de parts.
Le type de projets financés… et décriés...
Vous ne voudriez pas que votre épargne finance une usine de mines anti-personnelles ou une multinationale bafouant les droits humains les plus élémentaires, n’est-ce pas ? Pourtant, avant la prise de conscience de 1960 (massacre de Sharpeville par les forces de l’ordre en Afrique du Sud) les gens n’étaient pas conscients du pourvoir de leur argent… et donc de leur responsabilité, fût-elle collective. Ils n’imaginaient même pas qu’ils pouvaient exiger des banques le respect de certaines règles éthiques pour l’utilisation de leur argent !
Aujourd’hui, il en va tout autrement. Vous pouvez diriger votre argent vers le soutien de projets (ou plus généralement, de secteurs ou de thématiques) qui vous tiennent à cœur.
Par exemple, Crédal, avec les fonds des coopérateurs, octroie des crédits solidaires à des associations, à des entreprises d’économie sociale à des entrepreneurs exclus bancaires ou à des particuliers ayant des revenus modestes. On citera en exemple, l’asbl cinéma Nova à Bruxelles, l’asbl RCYCL à Eupen, la ferme d’animation « Le fagotin » à Stoumont ou encore l’OISP Futur H à Liège.
2. Les organismes de financement pour des projets à plus-value sociale, environnementale ou culturelle…
Nous avons fait le choix de vous présenter ici un simple listing des organismes susceptibles de financer un projet à plus-value sociale.
Les critères et procédures de sélection de ces organismes sont divers et sujets à évolution ; Aussi nous avons préféré ne pas les énumérer ici.
Par ailleurs, si vous lancez un projet à plus-value sociale, vous devez savoir qu’il existe des services d’accompagnement (agences conseil, coopératives d’activité, couveuses...) qui vous aideront à démarrer du bon pied et qui connaissent bien ces différents organismes de financement.
Pour vous faire une idée, consultez la page « création » de ce site.
Crédal
Le cœur de Crédal, c’est l’argent qui est placé par ses coopérateurs et qui est prêté à des organisations d’économie sociale (crédits solidaires), à des micro-entrepreneurs (microcrédits) et à des personnes en situation de besoins qui sont exclus bancaires (crédit social accompagné).
En 2009, Crédal a versé près de 600 crédits à des conditions souvent avantageuses vers ces différents publics. Grâce à des financements adaptés, 149 organisations sociales ont développé leurs projets, 57 micro-entrepreneurs ont créé leur propre emploi et 474 personnes ont pu améliorer leur quotidien (chiffres 2009).
Triodos
La banque Triodos est une banque de référence au service du développement durable. Elle finance plus particulièrement des actions menées en matière environnementale, culturelle ou sociale.
Sa vision du secteur social est très large: activité marchande ou non-marchande, asbl, entreprise ou coopérative. Ils valorisent les initiatives privées ou collectives qui ont comme finalité première la création de plus-value sociale.
Crédal comme Triodos offrent un service précieux : le préfinancement des subsides.
SOWECSOM
Si votre projet répond à quatre critères précis (situation, taille, éthique et économie marchande), vous pouvez également frapper aux portes de la SOWECSOM. (Sowecsom.be) dont la première mission est de financer l’économie sociale marchande.
Il n’y a pas de formulaire standard ou de dossier particulier à remplir.
HEFBOOM
Offre des services similaires à ceux de Crédal pour nos amis de la Région Flamande.
En effet il y a l’ASBL qui donne des avis, fait des audits. Mais il y a aussi la coopérative qui donne des crédits et des micro-crédits.
Prêt solidaire
Le Prêt solidaire, est un formule de micro-crédit destinée aux personnes en situation de précarité qui souhaitent démarrer une activité économique à titre d’indépendant, mais qui n’ont pas accès au crédit bancaire ou qui ont des difficultés à rassembler le capital de départ en raison de leur situation financière.
Le Fonds de participation
Le Fonds de participation est une institution fédérale financière qui soutient les indépendants, les titulaires de professions libérales, les PE et les starters, en ce compris les demandeurs d'emploi qui souhaitent lancer leur propre entreprise.
3. Les fédérations : Réseau Financement Alternatif, ATTAC, FEBEA, INAISE Eurosif et Global alliance
FEBEA
Au 30 juin 2009, la FEBEA compte 25 membres issus de 11 pays de l'Union Européenne et 2 pays de la zone de libre échange européen. Ils sont très divers par leur forme juridique mais partagent tous le même souci de transparence et d'utilité sociale et environnementale.
Au-dela d'être un lieu d'échanges et de partage d'expériences, le but de la FEBEA est de créer des instruments financiers capables de soutenir les initiatives existantes en Europe et favoriser le développement de nouvelles initiatives en matière de finance alternative.
INAISE
Plus généralement, les investisseurs en économie sociale se sont groupés sous la bannière INAISE. Retrouvez-les sur www.inaise.org.
Les membres d’INAISE ne se distinguent pas uniquement par les secteurs dans lesquels ils investissement. Ils se différencient aussi des organismes traditionnels par leur approche de l’investissement et des dépôts. Ils veillent à assurer la transparence quant à l’utilisation des dépôts qui leur sont confiés, une manière de conscientiser et de responsabiliser les épargnants. En tant qu’investisseurs, ils veillent à ne pas être de simples pourvoyeurs de fonds : le conseil et l’information sont souvent liés au financement.
Si le niveau européen vous intéresse, vous pouvez également consulter le site d'Eurosif (en anglais), le portail européen de l'investissement socialement responsable et durable; Son objectif: la promotion de ce type d'investissements, afin de rattraper le retard par rapport aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne.
Enfin, fin 2003, les banques alternatives se sont groupées autour de FEBEA (Fédération européenne des banques éthiques et alternatives). Elle réunit des institutions financières qui ont pour point commun de financer l'économie sociale et solidaire. Elle a pour objectif de créer une véritable banque au niveau européen afin d'aider des projets qui n'intéressent pas toujours les banques traditionnelles : la création d'emplois sociaux, le développement durable, le commerce équitable, ... La Febea a développé trois outils : le fonds commun de placement "Choix solidaire", le fonds de garantie mutuelle "Garantie solidaire" et la Société européenne finance éthique et alternative (Sefea). (Le Monde - 11/11/2003)
ATTAC
Fondée en 1998, Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle dans l’ensemble du monde.
Mouvement d’éducation populaire, l’association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations...
Fin 2007, Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 15 000 membres dont 413 personnes morales et 215 comités locaux. Il existe une coordination d’élus Attac à l’assemblée nationale, au sénat et au parlement européen.
Philanthropie européenne
Vous souhaitez, en tant que citoyen, soutenir un projet d'une organisation à l'étranger? Consultez alors le site
www.givingineurope.org qui donne des réponses pratiques à toutes vos questions concernant la philanthropie et la législation dans l'Europe des 25 + la Suisse. Ce site explique aussi comment faire un don ou un legs.