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EDITO
Feu orange pour l'économie
La tempete américaine vient d'atteindre l'Europe. Les ménages endettés n'arrivent plus à payer leurs traites. Le navire capitaliste prend l'eau. Les inquiets et les initiés retirent leurs billes. La suspicion règne sur tout ce qui est financier. Les rumeurs, fondées ou non, précipitent la chute des cours boursiers et les faillites.
Gouvernements et banques centrales sont appelés à la rescousse pour réinjecter de l'argent frais. quitte à réaliser au passage une opération intéressante, au nez et à la barbe de requins flairant l'OPA juteuse.
Les rats les plus avertis s'éloignent à tour de bras emportant avec eux les devises soustraites au système. Il ne leur reste qu'à attendre de nouvelles occasions de profit. Après tout, les interventions extérieures au marché ne sont pas sans limite.
Les capitaines de tous bords proclament que tout est sous contrôle et demandent aux passagers de rester à bord. Ils affirment qu'on a évité le pire, que les indicateurs doivent revenir au vert.
Un peu à l'extérieur de la tourmente, le contribuable attend, comme les pigeons d'autrefois par temps de brouillard. Il assiste à la valse des experts sans bien comprendre l'ampleur de l'enjeu.
Il veut croire que ceux qui agissent le font pour le bien de tous, comme on le lui a promis. Il pense aux diverses manifestations pour le pouvoir d'achat, il se demande comment le gouvernement choisit ses priorités.
Une chose surtout le tarabuste : lorsque la finance va bien, seules les banques et leurs actionnaires en tirent profit, mais, lorsque tout déraille, seul l'état (et donc le contribuable) passe à la caisse.
Si l'intervention étatique était inévitable, si elle protégeait non seulement les actionnaires de la faillite mais aussi les citoyens d'un marasme économique certain, il fallait un minimum de conditions.
L'intervention publique dans le système financier privé ne peut consister qu'en des prets contre des garanties solides ou en rachats de participations à un prix correct et annoncé.
Nos politiques, dans l'urgence, se sont-ils fixé ces limites ? Les états vont-il profiter de la nationalisation pour remettre l'économie au service de l'homme ? Ou vont-il se comporter comme de purs actionnaires et chercher à maximaliser leurs profits ??
Pour la Belgique, ils semblent avoir fait leur choix. Pour les autres , warn and see. Ce poker menteur planétaire est loin d'etre fini.
Lien : http://www.econosoc.be/
Isabelle Henrotte
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